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Lettre ouverte aux candidats aux élections territoriales de 2012 à Saint-Martin

Lettre ouverte aux candidats aux élections territoriales :


2012, l’occasion d’un vrai débat sur l’avenir de Saint-Martin

Conseiller territorial de Saint-Barthélemy, et candidat aux élections législatives de 2007 au nom de Cap21, le parti écologiste présidé par Corinne Lepage, j’avais axé ma campagne sur l’importance de l’environnement pour la Guadeloupe et pour les « îles du Nord ».

La campagne des élections territoriales de mars prochain va bientôt commencer. L’équipe Outre-Mer de Cap21 souhaite y apporter sa contribution en rappelant brièvement les enjeux écologiques qu’elle défend depuis de nombreuses années, et qui mériteraient une place de choix dans les programmes des différents  candidats, si ce n’est une place centrale.

L’amélioration de l’emploi, la relance de l’activité économique, le renforcement des solidarités, le rétablissement des comptes publics sont bien sûr des questions incontournables et urgentes pour Saint-Martin. Mais des actions de fond dans les domaines de l’énergie et des transports, de l’urbanisme ou du patrimoine sont tout aussi importantes pour son avenir.

La question de l’énergie va devenir cruciale. Une hausse sensible du coût du pétrole (et par ricochet de l’électricité) renchérirait le coût de la vie, pénaliserait fortement l’activité touristique -aujourd’hui très dépendante du transport aérien-  et surtout accentuerait les inégalités sociales. Des politiques volontaristes doivent par conséquent être mises en œuvre dès maintenant pour anticiper cette évolution : économiser l’énergie, développer les énergies renouvelables, réduire les besoins en transport et réorienter l’activité touristique vers un tourisme de plus longue durée et à plus forte valeur ajoutée.

La question de l’urbanisation de l’île sera également au cœur des choix politiques des prochaines années. Aujourd’hui, Saint-Martin bénéficie d’espaces naturels bien préservés, d’un patrimoine architectural à fort potentiel, qui sont autant d’atouts pour l’activité touristique et pour la qualité de vie des habitants. Ces atouts doivent être préservés et davantage mis en valeur afin de soutenir l’activité locale.

Les territoriales de 2012 sont l’occasion rêvée de sortir par le haut de la situation actuelle. J’espère que cette période préélectorale permettra d’organiser un débat approfondi  sur l’avenir de Saint-Martin, débat sur lequel pourront s’appuyer les politiques qui seront menées dans les cinq prochaines années.

Benoit Chauvin

Cap21 Outre-Mer
www.cap21outremer.com

Corinne Lepage candidate à l’élection présidentielle

Corinne Lepage vient d’annoncer au 20h de TF1 qu’elle sera candidate à l’élection présidentielle de 2012.

Se positionnant au-delà du clivage gauche-droite, Corinne Lepage a mis en avant la nécessité d’engager la transition vers une société plus sobre en matière de ressources et d’énergies, la sortie du nucléaire et un changement du fonctionnement des institutions.

Sa candidature est une opportunité pour l’Outre-Mer qui, plus que toute autre région française, sera impacté par la hausse des cours de l’énergie et des matières premières et donc devra plus rapidement assurer la transition écologique, économique et sociale nécessaire.

Cap21 Outre-Mer va mettre à profit les mois qui viennent pour développer et faire connaître davantage le son programme, afin que ces sujets soient réellement pris en considération dans les débats électoraux des prochains mois.

Benoit Chauvin
Cap21 Outre-Mer

Sénatoriales en Outre-Mer : la gauche est la grande gagnante du scrutin

Jusqu’à dimanche dernier, les Outre-Mers étaient représentés au Sénat par 12 sénateurs : 4 UMP, 4 centristes et 4 sénateurs de gauche. Dans la nouvelle assemblée, les sénateurs ultra-marins sont désormais au nombre de 21, dont 12 renouvelés dimanche et deux nouvellement créés : un siège supplémentaire pour la Réunion et un pour la Nouvelle-Calédonie.

Dimanche, tout comme en métropole, les grands électeurs d’Outre-Mer ont majoritairement élu des sénateurs de gauche pour les représenter – 9 sénateurs sur 14 – contribuant ainsi au changement de majorité de la chambre haute.

On obtient ainsi 4 sénateurs PS, 4 apparentés PS, 1 PCR, 5 UMP dont deux attribués à des centristes.

Les nouveaux sénateurs d’Outre-Mer sont donc les suivants :

- Nouvelle-Calédonie : Pierre Frogier (UMP) et Hilarion Vendegou (UMP)

- Réunion : Michel Fontaine (UMP), Jacqueline Fareyrolle (UMP), Gélita Hoarau (PCR) et Michel Vergoz (PS)

- Mayotte : Abdourahamane Soilihi (UMP) et Thani Mohamed Soilihi (divers gauche)

- Saint-Pierre-et-Miquelon : Karine Claireaux (PS)

- Martinique : Maurice Antiste (apparenté PS) et Serge Larcher (apparenté PS)

- Guadeloupe : Jacques Gillot (apparenté PS), Félix Desplan (PS) et Jacques Cornano (divers gauche)

Et ceux qui n’étaient pas renouvelés :

- Saint-Martin : Louis-Constant Fleming (UMP)

- Saint-Barthélemy : Michel Magras (apparenté UMP)

- Guyane : Jean-Etienne Antoinette (apparenté PS) et Georges Patient (apparenté PS)

- Wallis-et-Futuna : Robert Laufoaulu (apparenté UMP)

- Polynésie Française : Richard Tuheiava (apparenté PS) et Gaston Flosse (non inscrit)

Plan Fillon en Outre-Mer : le gouvernement reconnaît tardivement ses erreurs

Communiqué de presse du 28 août 2011

La suppression de l’abattement de 30% sur l’IS payé par les entreprises en Outre-Mer, prévue dans le plan Fillon, devrait rapporter 100 millions d’euros environ.

Cap21 n’est pas opposé à cette mesure, qui est sans effet ou presque sur les économies d’Outre-Mer.

L’Outre-Mer a besoin d’aides pour favoriser l’emploi local, pour aider les investissements sur des secteurs liés au développement endogène. L’abattement sur les impôts sur les sociétés ne répond à aucun de ces objectifs.

Cap21 avait mené la même analyse lors de l’adoption de la Lodeom et des mesures concernant les zones franches d’activité, qui élargissaient le champ des abattements d’IS.

Avec le Plan Fillon, le gouvernement revient, et bien plus, sur une mesure qu’il a présentée comme sa mesure phare pour l’Outre-Mer et comme sa réponse à la crise sociale du printemps 2009 : les zones franches globales d’activités. Il montre aussi qu’il fait peu de cas de la stabilité voulue par la loi Girardin, qui avait fixé l’horizon de ses mesures à 2017.

Avec le plan Fillon, l’Outre-Mer apporte sa contribution à l’effort national de maîtrise des dépenses publiques, ce qui est normal. Il ne faut pas pour autant oublier que l’effort de la nation en faveur de l’Outre-Mer demande à être revu à la hausse, pour répondre aux besoins criants en matière de justice, de santé, de logement social, de sécurité et d’éducation, tous domaines dans lesquels l’Etat a une large compétence et une large responsabilité.

Benoit Chauvin
Cap21 Outre-Mer

Plan Fillon et suppression de l’abattement d’IS en Outre-Mer : le gouvernement reconnait tardivement ses erreurs !

Le Plan de mesures fiscales de François Fillon prévoit de supprimer l’abattement de 30% sur l’IS payé par les entreprises en Outre-Mer. Cette mesure devrait rapporter 100 millions d’euros environ.

Cap21 n’est pas opposé à cette mesure, sans effet notable sur l’économie, et qui pourrait même se traduire par une légère amélioration économique et sociale. Cette position, à contre-courant des commentaires les plus répandus sur ce sujet, mérite néanmoins une courte explication.

L’impôt sur les sociétés est un impôt qui s’applique sur les bénéfices, donc uniquement sur le bas du bilan. Il ne modifie en rien la capacité d’investissement d’une entreprise, ni l’emploi, qui sont des décisions qui sont prises en amont. Au contraire même, pour maximiser son profit à court terme, une entreprise cherchera généralement à compresser les coûts salariaux, limiter ses charges d’exploitation, limiter les investissements, etc… Diminuer le taux d’IS incite donc l’entrepreneur à maximiser encore plus son profit de court terme, puisqu’il en donne une moindre part à l’Etat.

Le seul intérêt, indirect, d’un IS faible, est d’aider les entreprises à améliorer leurs ratios financiers et leurs capacités d’investissement pour celles qui veulent investir. Mais encore faut-il qu’elles affectent leurs bénéfices aux fonds propres plutôt que de les redistribuer. Pour atteindre cet objectif, le plus efficace est de créer un taux d’IS différent selon que les bénéfices sont affectés aux fonds propres ou distribués.

Par ailleurs, les petites et moyennes entreprises, celles qui sont sur des secteurs en forte croissance ou sur des métiers d’avenir, le plus souvent ne génèrent pas ou peu de bénéfice. Elles ne bénéficient donc guère de l’avantage de l’abattement d’IS. Au contraire des entreprises nécessitant peu ou plus d’investissements, de plus grande taille, ou sur des secteurs arrivés à maturité, comme par exemple le secteur de la grande distribution, sont celles qui bénéficient le plus de cet abattement.

Il est donc plus intéressant, si l’Etat a l’intention d’aider au développement d’une industrie endogène, par exemple dans l’agro-alimentaire ou les énergies renouvelables, qu’il consacre ses moyens fiscaux à des aides à l’investissement (directement ou via défiscalisation), à l’emploi (comme les abattements de charges existants) ou à apporter des garanties financières aux entreprises pour pouvoir emprunter auprès des banques.
Globalement, cette mesure du plan Fillon ne devrait pas changer grand chose aux économies ultramarines.

C’est exactement la même analyse que cap21 avait menée lors de l’adoption de la Lodeom et des mesures de zones franches d’activité, en disant que les exonérations d’IS adoptées par la Lodeom n’auraient aucun impact et se traduiraient surtout par une perte nette d’argent pour l’Etat. Nos réticences se sont avérées fondées, à ceci près que la mesure n’a pas dû coûter cher à l’Etat, vu l’état de délabrement des économies en Outre-Mer depuis l’adoption de la loi.
Politiquement, avec la suppression de l’abattement sur l’IS en Outre-Mer, le gouvernement montre qu’il est capable de revenir, et bien plus, sur une mesure qu’il a présentée comme une mesure phare du quinquennat et comme une réponse à la crise sociale du printemps 2009 : les zones franches globales d’activités pour l’Outre-Mer. Il montre aussi qu’il fait peu de cas de la stabilité affichée par la loi Girardin, qui avait fixé l’horizon de ses mesures à 2017.

Avec cette mesure du plan Fillon, l’Outre-Mer apporte sa contribution à l’effort national de maîtrise des dépenses publiques, ce qui est normal. Il ne faut pas pour autant oublier que l’effort de la nation en faveur de l’Outre-Mer demande à être revu à la hausse, pour répondre aux besoins criants en matière de justice, de santé, de logement social, de sécurité et d’éducation, tous domaines dans lesquels l’Etat a compétence et responsabilité.